Démarche : les arbres et les dieux-arbres

Parmi tous les sujets que j’aurais pu choisir pour peindre, j’ai d’abord choisi les arbres. Pourquoi, me demanderez-vous ? Pourquoi mon art s’est tourné vers les arbres, pourquoi avoir réalisé des peintures d’arbres pendant presque deux ans ?

Brisé – aquarelle sur papier

Au commencement : les racines de l’arbre de la création

Déjà parce que l’arbre est un noble et très beau végétal. Lien vertical entre le ciel et la terre, se promener au milieu des arbres est comme marcher dans un cloitre médiéval. Silencieux, solennel, et grouillant d’un savoir ancestral. De par leur âge et leur attitude, ils témoignent du passage d’un temps que nous n’avons pas connu. Le silence et la patience sont leur enseignement. Chaque coup de pinceau que je dépose pour le faire pousser sur le papier vise à m’en imprégner.

Ensuite, l’arbre est un symbole universel. L’anecdotique me fascine dans ce qu’il transporte insaisissable et d’universel. Quoi de plus anecdotique d’un arbre au milieu de tous les autres arbres ? C’est en sublimant l’anecdotique qu’on touche à l’universalité. Et c’était ça, le cœur de ma démarche. Car si la Tour de Babel s’est effondrée depuis bien longtemps, les images continuent de parler. Bien sûr, nous n’avons pas toujours tous les codes en main. Il n’empêche… Si vous montrez une peinture d’arbre à un être humain, qu’importe l’essence du végétal, il le reconnaitra.

Le tronc végétal : de la vie et de l’ordre universel

Il existe un arbre de vie dans (presque) toutes les cultures humaines. Il crée le lien entre le ciel, la terre et les souterrains. L’arbre marque les passages de l’âme en divers état, de la naissance à la mort. Sa stabilité et ses ramifications symbolisent l’ordre de l’univers. L’accès aux secrets de ce dernier passe par la faculté de l’esprit à voyager à travers ses ramures, ses racines, à remonter et à descendre.

Ainsi ai-je réalisé plusieurs peintures d’arbres destinées à raconter l’indicible, la métamorphose de l’âme humaine. Ce lien entre l’humain et l’arbre s’est manifesté à diverses occasions, notamment grâce à la peinture “the One who talks to the dead”.

Celle qui parlait aux morts – aquarelle sur papier

C’est la déesse-arbre dédiée aux passages des âmes des morts, le départ des âmes des vivants. Elles ne savent pas encore ce qu’il va advenir d’elles. Alors elle les accueille, ses bras organiques grands ouverts. Sa lumière surnaturelle les guide jusqu’à elle. Immobile et pourtant vivante, elle ignore complétement le spectateur, entièrement dédiée à sa tache.

Ainsi naissent les dieux-arbres, éléments fondateurs de ma mythologie. Les arbres peuplent notre imaginaire humain, et nous les incarnons régulièrement. Ils prennent alors l’allure d’archétype qui nous parle dans l’inconscient.

Knowledge – aquarelle sur papier

“The Knowledge” incarne à la fois l’arbre, le serpent, la pomme du jardin d’Eden. Mais elle vit ce rapport à la connaissance avec joie. Dans cette peinture, elle semble chérir ses pommes – la connaissance.

Le feuillage : des peintures d’arbres à l’aquarelle

Le médium principal utilisés pour réalisés toutes ces peintures d’arbres est l’aquarelle. Seule cette technique sauvait rendre la finesse et la luminosité des détails que je voulais réaliser. Les feuillages ressortent plus lumineux et harmonieux.

arbre magioque aquarelle art serely
L’arbre Magique – aquarelle sur papier par Serely – 40x40cm

L’aquarelle est mon médium préféré, et je le fabrique désormais moi-même. Si vous êtes intéressé par le procédé que j’ai employé pour préparer et mettre en oeuvre mes idées, je vous laisse suivre le lien suivant : Naissance d’une illustration.

De plus, le liant de l’aquarelle est la gomme arabique. Une gomme issue d’un arbre ! Je trouvais ce liant tout-à-fait à propos pour réaliser une série de peintures d’arbres. Ce liant est constitué donc de sève d’acacia, et incite à une production respectueuse de l’arbre fournisseur.

Et enfin, non content d’être poétique, ce médium est aussi utilisé à travers le monde entier et ce, depuis l’antiquité. Des traces de gommes arabiques ont été retrouvées dans des tombeaux égyptiens, mais aussi en Asie, où la détrempe est reine. Tout comme l’arbre, l’aquarelle est donc universelle.

Sur ce, je vous invite à consulter cette série de peinture à cette page : Serely Art – arbres et dieux-arbres.

Merci de m’avoir lue ! 🙂

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